
LES FILLES ET LES JEUNES FÉMINISTES SONT EN PREMIÈRE LIGNE DES MOUVEMENTS DE JUSTICE SOCIALE QUI PORTENT LE CHANGEMENT SYSTÉMIQUE, ALORS MÊME QU’ELLES SONT CONFRONTÉES À DES FORMES GRAVES DE PRÉJUDICES STRUCTURELS.
Le fait d’être jeunes et de devoir composer avec des rapports de pouvoir genrés — en particulier en tant que filles, jeunes femmes ou personnes non conformes au genre — les relègue en marge du pouvoir social et les expose à des risques accrus de violence et de discrimination. Ces préjudices sont renforcés par l’imbrication de systèmes d’inégalités — notamment la classe sociale, la race, la caste, l’ethnicité, l’orientation sexuelle, le statut migratoire et de citoyenneté, la situation matrimoniale et le handicap — qui façonnent les expériences quotidiennes d’exclusion et d’injustice.
Pourtant, les filles et les jeunes féministes ne sont pas des sujets passifs face à ces conditions. Elles sont des organisatrices puissantes, des architectes du changement systémique, des premières intervenantes, des éducatrices, des artistes — et bien davantage encore. Leur leadership ne se contente pas de répondre à des besoins urgents : il transforme les systèmes mêmes qui produisent ces injustices. Au sein des foyers, des communautés, des nations et des mouvements transnationaux, elles s’organisent, résistent et redéfinissent le champ des possibles.
« Les filles ripostent aux oppressions quotidiennes qui définissent trop souvent leur condition de jeunes filles, ainsi qu’aux forces qui en façonnent la nature même. Elles résistent au mariage forcé et à la violence, se battent pour rester à l’école, contestent les assignations qui leur sont imposées et revendiquent l’accès aux plateformes et aux ressources auxquelles elles ont droit. »
– Stories of Girls’ Resistance
(Histoires de résistance des filles)
Documenter le pouvoir collectif et les contributions
Cette recherche répond à un besoin urgent : documenter le rôle central des filles et des jeunes féministes dans la production du changement systémique, tant dans une perspective historique que contemporaine. À l’heure où l’autoritarisme progresse à l’échelle mondiale et où des crises multiples et imbriquées aggravent les inégalités, il est essentiel de reconnaître, soutenir et suivre leur leadership.
En documentant leur pouvoir collectif, leurs stratégies et leurs contributions, cette recherche vise à renforcer notre capacité à impulser un changement véritablement transformateur à travers les systèmes et à toutes les échelles. Elle permet également de produire les données nécessaires pour orienter l’allocation des ressources vers leur travail, et pour que programmes, politiques et investissements soient conçus à partir de leur leadership, de leurs stratégies et de leurs réalités vécues.

À propos de nous
Cette recherche est menée par Our Collective Practice, un pôle féministe qui travaille en partenariat avec des mouvements, des secteurs et des acteurs du changement culturel afin de construire des récits, des savoirs et du pouvoir collectif — avec et pour les jeunes filles.

Fania Noël
CHERCHEURE PRINCIPALE
Fania Noël est universitaire, écrivaine et militante Afroféministe. Elle est chercheuse invitée au Center for Place, Culture, and Politics du CUNY Graduate Center. Son travail se situe à l’intersection de la sociologie politique et des études culturelles noires critiques.
Elle est titulaire d’un master en sociologie de l’Université Paris V René Descartes et d’un master en science politique de l’Université Panthéon-Sorbonne et a obtenu son doctorat en sociologie à la New School for Social Research.
Elle achève actuellement un manuscrit intitulé « In the Name of the Dead Black Wife: Absenting, Blackness, and Gender in Science Fiction (forthcoming, 2027). Son troisième ouvrage, « 10 Questions sur les Féminismes Noirs, a été publié en 2024 aux éditions Libertalia. Elle est également la fondatrice et rédactrice en chef d’Alaso, une revue féministe haïtienne trilingue (créole haïtien, français et anglais), publiée par l’organisation féministe haïtienne NÈGÈS MAWON.



