Vue d’ensemble
Rêver, c’est élargir les horizons du possible. Rêver, c’est construire de nouveaux mondes, aujourd’hui et pour nos avenirs collectifs.
Les filles et les jeunes féministes osent imaginer des mondes dans lesquels tout le monde s’épanouit et éprouve un sentiment d’appartenance. Même dans des contextes d’injustice et d’inégalité profondément ancrés, elles transforment leurs communautés et leurs systèmes, construisant activement des vies reposant sur la dignité, la liberté et la justice.
La publication Rêve & construction de mondes présente les visions, pratiques et éclairages qui ont émané des filles et des jeunes féministes ayant participé au Jeu du rêve et de la construction de mondes dans plusieurs pays. Offrant une fenêtre sur le rêve en tant que pratique transformatrice, cette publication présente des appels à l’action clairs enjoignant les bailleur·euses de fonds à financer le rêve en tant que voie essentielle vers le changement systémique.
Pourquoi maintenant : le rêve comme un acte politique
Le rêve étend les frontières des possibles. La construction de mondes lui donne vie.
Le rêve, c’est la manière dont le changement se produit. C’est une pratique de transformation ; il élargit l’horizon de ce qui est possible, et nous permet d’imaginer des avenirs plus justes et qui célèbrent la vie.
Le rêve est à la fois une stratégie de résistance et une source d’espoir, de remise en question et un refus de normaliser l’injustice. Rêver, c’est s’affranchir des manières dont l’oppression systémique contraint activement l’imagination et concentre le pouvoir et les ressources dans les mains de quelques-un·es.
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Les filles et les jeunes féministes nous enseignent que le rêve n’est pas simplement l’espoir d’un avenir meilleur, mais aussi une revendication de leur droit d’agir sur le monde en lui-même. Leurs rêves, visionnaires et tangibles, nous guident déjà sur la voie de l’abondance, de la solidarité et des nouvelles possibilités.
Plongez dans les thèmes des mondes rêvés et construits par les filles et les jeunes féministes…
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1. La liberté, la sécurité et l’appartenance : un monde comme une étreinte
La présence de la sécurité, le sentiment le plus profond d’appartenance et le droit d’occuper l’espace sans devoir s’en excuser. La liberté, la sécurité et l’appartenance sont les conditions qui rendent tous les autres rêves possibles.
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2. La réciprocité, le soin et le bien-être partagé : nous nous voyons et nous entraidons
Des mondes qui sont nourris par la responsabilité mutuelle, l’abondance partagée et le bien-être collectif. Le soin n’est pas une responsabilité privée, un acte de charité ou un luxe réservé aux quelques personnes qui peuvent se l’offrir : c’est le système de fonctionnement même de la société.
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3. La liberté d’expression, de questionnement et de curiosité : un monde dont la patience permet d’atteindre la vérité
La liberté de réfléchir, de s’interroger, de se rebeller et de dire la vérité. L’expression n’est pas surveillée, les questions sont bienvenues et la curiosité est traitée comme une forme de pouvoir plutôt que comme une menace. Des mondes où l’on prend le temps de réfléchir et de voir au-delà des apparences.
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4. Le lien à la terre, la nature et l’harmonie écologique : un monde de régénération
Des mondes qui honorent la terre, le ciel, l’eau et les créatures avec lesquelles nous partageons la vie. La nature est une relation dont il faut prendre soin, et non une ressource à extraire. Des environnements qui respirent, se régénèrent et nous reçoivent.
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5. La réappropriation de la joie, du repos et du jeu : le temps n’est pas une course, mais un rythme
Des mondes où le temps s’écoule en douceur et où le repos, la joie et le jeu rythment la vie. Le plaisir et le repos ne sont pas envisagés comme des éléments qui détournent d’une vie riche de sens, mais qui en constituent la substance même.
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6. L’art et les mondes sensoriels : la beauté de la vie
L’art, la beauté et l’expérience sensorielle en tant que composantes centrales de sociétés saines, remettant en question les paradigmes qui traitent les arts comme non essentiels, secondaires ou réservés aux personnes aisées. La créativité aide les communautés dans l’enseignement, la guérison, la gouvernance et la mémoire.
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7. Le leadership, l’agentivité et le pouvoir partagé : diriger est une responsabilité
Des mondes dans lesquels le pouvoir est reconfiguré, où il n’est plus une domination ou une question hiérarchique mais devient une responsabilité commune, une orientation éthique et ancrée dans une prise de décisions collective. Le leadership est profondément relationnel, réparti et collectif.
8. La justice, les systèmes et l’équité structurelle : un monde d’abondance pour tou·tes
Des mondes bâtis sur l’équité, l’égalité d’accès et la dignité dans la vie quotidienne. Tout le monde a ce dont il a besoin pour vivre, le pouvoir est partagé et personne ne prospère au détriment d’autrui. Des mondes où tou·tes peuvent vivre dans la dignité, sans crainte et sans manquer de rien.
Appels à l’action pour les bailleur·euses de fonds
Imaginez un monde fondé sur notre dignité collective, la liberté et la justice. Quels seraient son aspect, ses sensations, ses sons ? Que serait-il possible d’accomplir si nous investissions dans les personnes qui sont déjà en train de créer cet avenir ?
Les filles et les jeunes féministes façonnent déjà des réalités célébrant la vie pour elles-mêmes, pour leurs communautés et pour nous tou·tes. En rêvant, elles ne fuient pas le monde tel qu’il est, mais exigent de le rebâtir.
Ceci est une invitation à investir dans les avenirs qui sont déjà en train de se dessiner. Lorsqu’ils sont financés avec confiance et flexibilité, le rêve et la construction de mondes des filles et des jeunes féministes transforment les systèmes et élargissent l’horizon des possibles pour tout le monde.​
Les bailleur·euses de fonds peuvent choisir de soutenir ce travail visionnaire. Ce soutien peut prendre prendre diverses formes:
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Investir dans des espaces pour le rêve, le soin, la joie, l’expérimentation et l’imagination radicale
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Faire confiance au leadership des filles et des jeunes féministes, mais aussi de le financer et de le soutenir, par l’intermédiaire d’une mobilisation de ressources pérenne et flexible
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Reconnaître les filles et les jeunes féministes en tant que leaders inter-mouvements et de soutenir le travail intersectionnel
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Adopter des pratiques libératrices et un apprentissage empirique en repensant les approches conventionnelles en matière de suivi, évaluation et apprentissage
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Financer des possibilités d’autodétermination économique de long terme
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Tirer parti de leurs ressources et de leur influence pour mobiliser des financements supplémentaires en faveur du rêve et de la construction de mondes
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Participer à l’apprentissage et à la pratique collectifs pour devenir gestionnaires des ressources (apprenez-en plus sur le Jeu !)
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L’avenir est déterminé par ce que nous choisissons de financer. Rejoignez-nous pour nous aider à le construire.
Réflexions des animateur·rices
Les animateur·rices du Jeu du rêve et de la construction de mondes accompagnent les filles et les jeunes féministes dans des espaces d’imagination, de résistance et de création collective. Leurs éclairages et leurs réflexions proposent des enseignements importants, tirés de leur expérience en matière d’organisation et de pilotage d’espaces permettant aux filles de rêver et de s’exprimer sur les mondes qu’elles construisent.
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Les animateur·rices reviennent sur la manière dont l’accompagnement des filles dans le rêve et la construction de mondes ébranle leurs propres idées reçues, atténue les hiérarchies centrées sur les adultes et ravive leur capacité d’imagination collective.
Iels mettent en avant les possibilités transformatrices qui émergent lorsque les rêves des filles et des jeunes féministes sont nourris, partagés et construits collectivement.

Remerciements
Nous tenons à faire part de notre profonde gratitude envers les filles et les jeunes féministes qui ont participé aux sessions du Jeu du rêve et de la construction de mondes qui se sont tenues en Argentine, aux États-Unis, en Inde, en Jordanie, au Kenya, en Roumanie et en Tanzanie, ainsi qu’aux sessions pluri-régionales. Leur imagination radicale, leurs rêves, leurs éclairages, leur résistance et leur construction de mondes constituent les bases de ce travail collectif.
Nous sommes également extrêmement reconnaissantes envers les animateur·rices et allié·es féministes qui ont accompagné ces espaces de création et d’apprentissage collaboratifs et intergénérationnels, notamment les personnes qui ont contribué à ce rapport : Asha Athman, Augustina Mihaela Vasile, Banan AbuZainEddin, Gabrielle Bailey, Jimena Alejandra Aon, Juliana Roman Lozano, Kruthika NS, Nyawira Wahito, Priyanka Samy, Purity Kagwiria et Zeedah Meierhofer-Mangeli.
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Texte de la publication : Majandra Rodriguez Acha, Jody Myrum et Laura V.
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Illustrations : Ayleen Mayte Diaz Rivera



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